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23/09/2014

Yes ! Aye ! Ié ! Si !.....Non !

Nous vous livrons ici un article d’une certaine longueur.

Il paraitra fastidieux à certains, d’autres le liront en diagonale, et une minorité ira au bout de l’effort de lecture que demande cette production.

Pourquoi ce format ? Parce qu’il faut et il faudra désormais s’habituer à passer outre le confort de la communication de surface. Parce qu’il y a beaucoup à dire, aussi, en ces temps d’agitation autour des peuples assoiffés de liberté, embastillés par les Etats-nations encore en exercice. Pour se départir de cette situation, la lutte sera âpre et le travail de longue haleine. En effet, les temps qui s’annoncent vont être durs et il ne tient qu’à nous de retrousser les manches. Notre travail paiera. Le combat que nous menons, à l’intérieur de nos frontières faites de mer et à l’extérieur, est une lutte de chaque instant contre la République française et la mondialisation.

Comme le disait Michel Rocard au sujet du « problème corse » : « Le mal est profond et il vient de loin ». Nous nous battons face à un ancien empire colonial qui a gardé les vieux réflexes inhérents à son statut. L’empire a chuté mais la mentalité reste. La Corse est l’un des derniers éléments de la pieuvre française qui étranglait autrefois plus d’une nation. Afin de la tenir sous sa coupe de manière docile et de l’exploiter patiemment, la France a su développer une opération colonialiste totale s’étalant sur des siècles. Les phases de colonisation progressive ont été les suivantes :

- Militaire : dès 1769, l’invasion militaire en Corse placera la population insulaire sous la loi martiale des troupes continentales.

- Economique : La détaxation de l’alcool, du tabac et de la poudre visait à faire de nous des indiens d’Amériques, alcooliques et embrumés, s’entretuant pour des cigarettes. Les lois douanières coupent les relations commerciales en méditerranée, les mêmes qui ont fait la richesse de l’ile par le passé et détaxe les produits français en importation. Les exploitations de matière première sont confiées en exclusivité à des groupes industriels français. La SOMIVAC finira, au cours du XXème siècle, d’achever l’asphyxie de l’île. - Sociale : Les corses pauvres s’engagèrent dans les armées coloniales. L’agriculture de l’ile en désuétude finit de repousser les corses vers les villes ou vers le continent. Marseille, Nice, Paris, l’Asie, l’Algérie, les corses échappent là-bas à la misère des ventres creux. Pendant ce temps, l’administration coloniale pousse ses fonctionnaires à venir s’installer dans l’île. La région de Corse sera le spot principal de migration des métropolitains en mal de plages et de douceur de vivre.

- Culturelle : Ce que la France n’a pas gagné par la paupérisation et la répression, elle le fera par la culture. Les corses se doivent d’abandonner leur langue, leurs traditions, pour entrer dans la grande école républicaine, laïque et fasciste, qui permettra de fabriquer du citoyen français standard. Parler corse devient une honte et un frein à l’emploi dans l’administration. Parler comme un pinzutu peut être un facteur d’intégration. Les coutumes se perdent, les villes côtières se remplissent, l’intérieur des terres se vide.

- Naturelle : En envoyant ses Missi Dominici dans les préfectures, la France tente de créer un étau mortel pour les habitants de l’île. Les côtes sont bétonisées par des actes administratifs invalides, la spéculation est organisée par l’état dans le but d’expulser les corses des côtes de l’ile ainsi que des villes. N’ayant aucun repli professionnel sur l’intérieur, dans les montagnes qui abritèrent nos ancêtres, suite à la désertification des siècles passés, il ne reste plus qu’aux jeunes corses diplômés à se tourner vers l’étranger, vers les autres nations d’Europe. L’adage prêté à Morand autrefois consistant à vouloir brûler le maquis trouve aujourd’hui son pendant pragmatique dans l’action des hauts fonctionnaires français, toujours certains de trouver une complicité malsaine auprès des corses les moins enclins à résister à l’appât du gain. C’était le but de la SOMIVAC, c’était le but du Plan d’aménagement de la Corse en 1971. Tout ceci n’est pas le fruit d’un hasard historique ou d’une succession absurde d’évènements indépendants. C’est un programme politique rationnel et établi par les autorités françaises, sur du moyen et long terme, et qui vise à mettre un terme à la singularité que représente la Corse dans le paysage socio-politique et ethnique de France. Ce programme a un nom. Ce programme a un visage. Ce programme, c’est la République jacobine française.

 

De la République et de la Corse:

La république est un moyen de vendre un projet de civilisation, celui d’un Etat-Nation. En effet, le projet multiculturaliste français (car c’est de cet exemple que nous parlons), colonialiste et mondialiste (au sens d’un égalitarisme universel et non d’une cohabitation harmonieuse de diverses ethnies) ne saurait souffrir des jets contraires d’une nation devenue région qui désire ardemment revenir à ses fondamentaux (langue, culture, patrimoine et autodétermination). La notion de république française est tardive. Lorsqu’elle apparait en 1792 (216 ans), elle baigne encore dans le sang de la révolution française et veut se démarquer de la monarchie constitutionnelle. Pour se faire, elle tentera d’unifier ce qui fut le royaume sous un seul et même territoire. Déchristianisation de la nation, génocide des Vendéens, guerre en Corse contre les anglais (royaume anglo-corse), cette nouvelle entité appelée République exerce son industrie mortifère afin de maintenir une cohésion artificielle de son espace. La France ne prend pas le tournant du fédéralisme sain et démocratique comme l’a fait la Suisse. Elle y préfère l’unité aveugle et inégalitaire du jacobinisme. Solidariser des parties éparses de territoire de manière administrative est une chose. Culturellement, c’en est une autre.

Il faut standardiser les cultures et faire disparaitre leur vecteur principal de leur survie : En 1852, La langue est normalisée. Le français, langue de la république pour les corses comme les bretons ou les provençaux, est devenu la seule langue officielle tolérée et acceptable. L’école républicaine se chargera d’effectuer ce génocide linguistique. Les punitions corporelles affligées aux corses n’ont d’autre de but que de créer des citoyens standards d’une république de façade, surtout lorsqu’on y ajoute l’apprentissage de la délation (à la récréation, une bille circule, elle est donnée à chaque jeune qui parle corse et, à la fin de la pause, le maitre punit le dernier à être en possession de celle-ci). Il faudra attendre le début du XXème siècle pour que des hommes se lèvent et se réapproprient cette langue ancestrale, pour que ces veilleurs de l’histoire sauvent l’héritage linguistique que nous tentons aujourd’hui toujours de faire vivre contre les coups violents assénés par la France. Il faut aussi vaincre l’Eglise et son pouvoir sur les esprits car celle-ci est en charge de l’éducation. L’état doit être la norme suprême à laquelle se référer, et non Dieu. L’échelle de valeurs morales et sociales doit être fixée par le paradigme politique et non par le droit canon religieux : En 1905, la laïcité se chargera d’instaurer la religion républicaine laïque dont les instituteurs sont les officiants, Le portrait du président de la République remplace le christ dans les salles de classe, le « Notre Père » est abandonné au profit de « Liberté. Egalité. Fraternité ».

La Corse, historiquement et traditionnellement attachée à Rome, voit ses liens tranchés à vif et c’est désormais un clergé inféodé à la République qui officiera dans l’ile. Les « Hussards noirs » de la république, les enfants de Péguy et de de Jaurès, investissent l’éducation nationale assurée autrefois, gratuitement, par les jésuites et instaurent le règne de la laïcité et de la République. La fascination des « républicains » pour les symboles et artefacts de l’histoire romaine antique s’expliquent ainsi : Rome, pour maintenir la cohésion de son vaste empire cosmopolite, avait institué des règles administratives et politiques rigoureuses, une histoire fondatrice mythique commune (par le biais de l’Enéide de Virgile) et un culte de la république. Plus d’un millier d’années après, la République française vend, au travers du symbolisme antique réemployé, une histoire commune mythique réinventée (« nos ancêtres les gaulois »), une iconographie explicite (le faisceau de licteur). La création artificielle de l’identité nationale est enclenchée et organisée. La civilisation gallo-romaine de propagande s’inscrit dans les consciences des chères têtes blondes corses. Et tout cela grâce au clergé éducatif français en mission sacrée en Corse. Malgré cela, quelques insulaires ayant reçu la fonction sacerdotale viendront maintenir la foi et la culture au sein de la communauté chrétienne locale. Les confréries sont mises à mal car désignées comme représentantes d’un système archaïque et paysan. Elles seront peu à peu désertées, avant de connaitre un renouveau au cours du XXème siècle, durant le « riacquistu ».

Cependant, grâce à ces dernières et au nombre important d’édifices religieux, la Corse gardera tout de même une tradition de religiosité, de piété et de foi. A l’image de Circinellu, le prêtre de Guagnu, les corses ne lâchèrent jamais vraiment le crucifix ni le fusil. La république est donc un système qui ne vit que par la lutte permanente afin d’assurer sa propre cohésion. Le système normatif juridique qu’elle met en place est un moyen de brimer toute velléité d’en finir avec elle. La démocratie participative, ou semi-directe ou quel que soit le nom farfelu qu’on lui attribue, empêche la voix du peuple de s’exprimer directement et sans ambages. Elle favorise le règne des technocrates déconnectés du monde réel, qui sont formés dans les grandes écoles qui sont les temples suprêmes de son idéologie. Comment envisager que la république eut une emprise dans notre ile au point de constituer un problème majeur quant à l’émancipation de notre peuple aujourd’hui ?

 

Comment la France a ruiné la Corse:

Il convient, pour l’expliquer, de se confronter à 2 facteurs : les élites et le peuple. La désertification des villages, suite à une paupérisation de la société corse essentiellement due aux lois sur la privatisation de l’exploitation agricole des espaces publics et sur l’interdiction de l’utilisation des forêts, ont facilité la désertification du rural. Seules les populations de montagne ont pu maintenir une forme de société traditionnelle car leur structure sociale restait basée sur l’élevage, le pastoralisme et une forme de semi-nomadisme. La plaine, elle, prise entre l’enclume de la fin des exploitations publiques des terres et le marteau du paludisme et de la malaria, devient un « no man’s land » où subsistent seulement, dans des conditions précaires, les populations en basse altitude. Sous Napoléon III, la Francisata bat son plein. Les migrations de masse se font vers le continent. La Corse est exsangue. Assimilés dans l’administration française où les places sont sures et les salaires permettent de se nourrir, la fonction publique constitue un havre pour les exilés. L’armée coloniale, composée à raison d’un tiers d’effectifs corses servira sur tous les fronts aux 4 coins du globe.

C’est ce moment ci qu’apparait ce que nous nommerons Le complexe de la bataille de Sedan : la Corse reste le bouc émissaire de la France depuis la défaite de Sedan en 1870. Aujourd’hui, 144 ans plus tard, il en est de même. Lorsque l’état ne sait assumer ses défaillances et ses manquements, le corse fait office de miroir aux alouettes. Sport, culture, histoire, langue, patrimoine, les attaques n’ont de cesse de pleuvoir, les gouvernements se succèdent depuis environ 240 ans sans changer de tactique. Le XIXème siècle est l’époque qui marque l’essor du clan sous la forme que nous lui connaissons aujourd’hui. Le clan et son culte « le clanisme », ainsi que de la voyoucratie née dans les caisses transportant l’opium oriental des colonies. Inutile de souligner la collusion entre les deux systèmes qui s’alimentent mutuellement. Par le biais des notables corses et des grandes familles de l’ile, le gouvernement français procèdera à la division du peuple corse. Le clan, cette cellule sociale traditionnelle, n’a jamais subi de remise en question. L’état français sut retourner ce facteur de cohésion sociale et de solidarité historique en une sorte de machine à individualisme et à corruption. Les caporali de naguère ou les padri di u cumunu devinrent des chefs incontestés de cellules socio-politiques à vocation électoraliste sur lesquelles la francisata de la Corse pouvait compter. Nous le savons d’autant plus aujourd’hui : faire partie de ces segments sociétaux permet une accession à l’emploi, à la faveur et donc la protection sociale et financière. Le système de piston galvaudé par nos politiques et décideurs trouve ici ses racines. C’est lui qui générera une société d’assistés permanents, sous la perfusion nutritive d’un système français qui, non-content de nous avoir conquis militairement, fait de nous des enfants dépendants et redevables. La diversification des strates politiques permet le placement de personnes ne pouvant avoir accès à l’emploi par défaut de compétences ou de qualification. Nous avons donc troqué le développement de notre ile contre la sécurité de l’emploi pour tous et l’indigence pour les autres. Les électeurs ont besoin des élus pour pouvoir trouver un «impiegu» (une planque) et les élus ont besoin des électeurs pour asseoir, par la vaine légitimité des urnes, leur domination. Le serpent se mord la queue. L’invasion (à 4000 personnes par an selon l’INSEE, on peut parler d’invasion) que subit la Corse depuis des décennies sert ce schéma à la perfection. Les nouveaux arrivants, inscrits sur les listes électorales, sont mobilisés lors des scrutins et jouent un poids démographique politique considérable, dans les enjeux qui ont animé la Corse tout au long du XXème siècle. Disposant de peu de connaissance de la Corse, d’une ignorance (voire d’un mépris) de la culture et de nos traditions, ces « colons bien malgré eux » ne sont pas disposés à s’insérer dans un processus de communauté de destin qui consisterait à adopter nos us et coutumes. Ils souhaitent seulement conserver les avantages de leur situation : plages, rythme de vie, sécurité et pour cela, dans leur optique, la Corse ne doit pas se départir de sa laisse française. C’est ce qui a tué dans l’œuf le processus de libération de l’Ecosse : les colons et les néocolonisés, massivement concentrés dans les zonées de dynamique économique, en plain, ont utilisé leur poids électoral pour donner la victoire à l’immobilisme. Les policiers, gendarmes, fonctionnaires et autres saisonniers installés en définitive de manière précaire pèsent pour le camp de la République. Comment envisager la victoire lors de scrutins décisifs pour l’avenir de la nation corse lorsqu’une grande partie des électeurs vivent depuis quelques mois à peine dans l’île ? A coup sûr, ces gens ne votent pas pour l’émancipation de notre peuple.

Heureusement, quelques exceptions rares mais réussies nous permettent de penser ch’un destinu cumunu hè pussibule. Le peuple corse, quant à lui, appauvri et déculturé, se tourne vers un assistanat permanent et une dépendance envers ses dynasties d’« élus ». La malnutrition intellectuelle et l’absence totale de possibilité de s’émanciper par l’entreprise personnelle pousseront les individus les plus fragiles de la population à se tourner vers la consommation effrénée et le crédit. Voilà désormais les chaines ignobles qui retiennent un peuple bouillonnant. La cherté de la vie quotidienne, l’immobilier hors de prix, les salaires dérisoires, les emplois précaires et une économie basée sur le fonctionnariat et l’instabilité du tourisme de masse ont fini de plonger notre peuple dans un obscurantisme effrayant. Nos travers sont bien méditerranéens et la France a su les exploiter en nous coupant de nos racines historiques. Nous aimons les belles voitures, les portables derniers cris, les vêtements de luxe et les repas au restaurant mais nous ne restons pas moins de pauvres endettés. La métrosexualité liée au culte de l’apparence, une vision assez pessimiste de l’emploi héritée du système du piston et le peu d’implication des jeunes dans les processus pédagogiques d’éducation donnent, bien souvent, une population très éloignée des préoccupations liées à la sauvegarde de notre nation, abrutie par les excès de consommation et sans aucune profondeur ou relief, se contentant du rôle de figurante ou spectatrice de la vie de l’ile. Nous nous contentons désormais de réagir, l’action nous est devenue étrangère. Indignés, choqués, secoués, ébranlés, tous ces qualificatifs s’appliquent désormais à une société molle et alanguie qui consomme des informations ponctuelles sans pour autant exercer son filtre de conscience et de culture. C’est donc ainsi que nous fûmes privés de la puissance de nos ressources humaines et de l’abondance de nos ressources matérielles.

Idéologiquement, la république ne tolère pas la Corse et ses revendications ethniques car cette dernière constitue une irrégularité dans sa tentative de déstructuration des identités. Or, nous le voyons aujourd’hui, les nations d’autrefois encore sous domination des empires coloniaux de naguère souhaitent retrouver leur autodétermination. Parfois, le syndrome de Stockholm les frappe, comme ce fut le cas de l’Ecosse en ce mois de septembre 2014, et elles loupent le tournant de leur émancipation. Parfois, comme l’Irlande, elles savent saisir l’occasion arrachée par le sacrifice de générations d’hommes et elles reprennent leur devenir en main. Mais tous ces peuples ont une chose en commun : la lutte permanente contre des forces impérialistes néfastes. Combat qui ne les a pas empêchés de préparer un projet de société précis et fonctionnel leur permettant d’assurer le développement de leur nation devenue (ou en passe d’être) un état.

Comment sortir du piège infâme de la république et de l’Etat-nation français ?

La stratégie de confrontation frontale avec ces blocs monolithiques et archaïques que constituent les Etats-Nations modernes ne fonctionne pas. La lutte armée en Corse (les modèles basques et irlandais ne peuvent se comparer avec ce dernier, les situations géo-historiques, culturelles et sociales sont par trop différentes) a eu des effets bénéfiques indéniables : - Protection du littoral - Rôle de « grand méchant loup » pour certains appétits étrangers Mais cela ne constituait qu’une pièce du grand puzzle de la solution. Surtout depuis les années 90 qui ont été les heures les plus dramatiques et sanglantes de l’histoire contemporaine de la Corse. La solution politique, le combat intellectuel et l’issue démocratique sont à envisager de nouveau. Devant la manipulation permanente et contraignante du paradigme politique antédiluvien et inique actuel, il convient de se poser en stratège et d’envisager des plans de sauvetage politique à long terme. Une indépendance immédiate, dans un monde utopique, ne porterait rien de bon. Entendons-nous bien, il ne s’agit pas de réfuter l’idée d’émancipation totale de la nation corse, au contraire. Mais la Corse brimée et bridée par 250 ans de colonialisme militaire, culturel et démographique ne saurait subvenir, dans l’instant, à ses propres besoins. Notre industrie est inexistante, notre production agricole ne permet pas d’assouvir les exigences de la première nécessité, nous ne disposons pas d’un système politique et juridique stable etc. Nos politiciens, trop occupés à défendre les mandats sans lesquels ils seraient obligés de travailler, n’envisagent aucune solution sur le long terme et ne songent même pas à déclencher les processus nécessaires à l’émancipation di a nazione corsa. Cette volonté doit venir du peuple, de ceux qui en sont sein ont su se donner l’accès à la culture et à la conscience nécessaire au développement de la maturité politique. Ceux-là, issus d’une frange non-parvenue qui ne serait pas issue de la bourgeoisie corse molle et alanguie qui se contente de boire du rosé acide et tiède en parlant de romantisme politique, ceux-là famiti et assoiffés, connaissant les manques vitaux dont souffre l’île, sont à même de nous mener vers une issue stable et réaliste, ancrée dans des projets sérieux et développés. Il serait fastidieux de refaire ici la liste des items structurels incontournables qui nous font défaut, par la faute de nos « élites » locales et de la pression continentale. Quelle est donc l’issue vers laquelle nous pouvons nous diriger raisonnablement ? Elle peut se définir en 3 étapes :

L’accession à un statut spécial amélioré : A la condition de porter aux charges politiques principales des réformateurs intègres et capables, essentiellement nationalistes donc patriotes, ayant conscience que cette étape nous permettrait d’effectuer rapidement un diagnostic de nos besoins vitaux afin de pouvoir assurer notre subsistance. Les bases d’un projet d’indépendance énergétique doivent être établies à ce moment avec pour optique l’autosuffisance par le biais d’un modèle écologique et fiable. Développer des structures préparatoires en vue du passage à la seconde étape est une condition per quam : définition d’un système juridique, énergétique, économique et social. Des ateliers populaires animés par des spécialistes de chaque domaine devraient fournir un travail de recherche et de projection à moyen terme, au-delà de la dialectique des partis politiques. Bien souvent, l’engagement politique dans les mouvements patriotiques est issu d’un fort sentiment de rébellion qui suit la prise de conscience du corse qui a eu accès à l’histoire de l’île, loin des stéréotypes véhiculés habituellement. Ce corse, mu par des accès commun à notre ethnie, s’investit souvent avec passion dans la politique qui, bien souvent, devient trop politicienne et ne consiste qu’à jouer aux échecs avec d’autres forces politiques, au rythme des scrutins, en oubliant ce qui environne l’échiquier et les joueurs. Les partis politiques, dans cette lutte historique, ont effectivement leur rôle à jouer en tant que force de pression sur les instances française et ce afin d’optimiser leur efficacité, devraient établir un mode de fonctionnement et une structuration rigoureuse. Contrairement à ce qui se pratique de nos jours (la tête charismatique + la base), il faut établir des ateliers de formation des cadres politiques qui tiendraient un rôle de relai avec les militants constituant le socle de la structure politique La véritable clé qui permettra d’établir des forces de travail productives et efficaces vient de la culture et du milieu associatif. C’est dans ces microcosmes là que certaines individualités peuvent s’organiser en collaboration participative afin de préparer les fondations solides de ce qui pourrait nous attendre d’ici peu : La reprise en main de notre destin de nation. Cette reprise en main peut et doit être envisagée en trois temps afin de respecter la progression saine et sereine qui nous amènera vers son stade final, à savoir l’indépendance.

Accession à l’autonomie : Il convient d’accéder à l’autonomie dans les meilleures dispositions possibles afin de ne pas tomber dans le travers de la gestion « au jour le jour ». L’autonomie doit être une phase de lancement vers l’indépendance en deux sous-étapes : interne et extérieure. En interne, la Corse doit permettre à ses élites méritantes et capables (et non à quelques parvenus usurpateurs de mandats ou de fonctions) de travailler à la découpe territoriale de la Corse. Un retour au système antique des Pieve semble être souhaitable, encadré politiquement par un système fédéraliste basé sur le modèle suisse. La création d’un système éducatif pérenne et fonctionnel doit être une priorité car c’est par lui que nous assurerons la viabilité des citoyens corses de demain. Culture corse et générale, langue, philosophie, ouverture d’esprit et conscientisation culturelle des jeunes, tous ces facteurs et plus encore permettront de nous assurer une société saine et féconde. En externe, la Corse doit s’ouvrir sur la méditerranée, sur l’Europe, sur le monde. Une forme de pré-diplomatie doit-être établie afin de créer un réseau solidaire effectif basé sur de la communication régulière. Les connexions coupées par la France avec l’Italie, les iles en méditerranée, l’Espagne doivent être rétablies tant en termes de commerce que d’échanges culturels. Les nations historiques ayant retrouvées au cours du XXème siècle ou au début du XXIème siècle doivent établir une cohésion effective et concrète afin d’être un facteur politique dynamique et réformateur au sein de l’entité politique européenne. En effet, l’Europe telle que nous la connaissons aujourd’hui, constitue un bloc opaque où se mêlent les lobbies les plus nocifs, les députés laxistes et parvenus, les décisions les plus absurdes. La solidarité institutionnalisée entre les nouvelles nations devra être un tremplin d’énergie afin de lancer une réforme interne de ce système inadapté. La création de ce réseau inscrirait notre nation dans un schéma global et mondial lui évitant l’isolation et l’enfermement mortel.

L’indépendance : La Corse pourrait, suivant ces trois étapes et en consolidant son système d’autosuffisance alimentaire et industriel, accéder à l’autodétermination perdue en 1769. Il conviendra alors de ne pas reproduire les erreurs commises par la France depuis sa révolution en termes de gestion du territoire, de paradigme politique et de schéma économique. Œuvrer à la protection du patrimoine naturel et humain afin d’envisager un apport de fonds via un tourisme respectueux et ciblé serait un facteur non-négligeable de développement, ainsi que l’exploitation harmonieuse et encadrée de nos matières premières. De même, favoriser le développement d’entreprises liées à l’innovation technologique, permettre l’accès aux formations les plus poussées et retisser le lien social disparu sont des facteurs à prendre en compte pour la réussite de cette nouvelle donne. La Corse doit se positionner tant sur le développement d’une autosuffisance pérenne établie par le biais de plans décennaux élaborés avec les producteurs partenaires. L’université de Corse, en s’ouvrant sur le monde et sur l’entreprise, en préparant les futurs leaders, en accompagnant les projets structurants et féconds, sera enfin le vecteur qu’elle attend d’être depuis sa réouverture en 1981. Ces trois étapes incontournables constituent le seul processus viable d’accès à la liberté. Bien évidemment, d’aucuns préfèreront envisager la piste de l’insurrection et de la guerre civile. Pourquoi pas ? Sauf que l’histoire nous apprend que le tyrannicide n’est que le berceau sanglant qui berce la naissance d’une nouvelle forme de dictature. De plus, la population corse, aujourd’hui composée en grande partie de continentaux dociles, est enfermée dans un consumérisme, une logique de crédit et un souci absolu de confort matériel qu’il lui est inenvisageable (en tout cas pour la majorité) de prendre les armes et de descendre dans la rue. Mais dans l’éventualité d’une action violente du peuple corse, le gouvernement français serait trop heureux de déclencher une répression sanglante et prolongée sur les insurgés, nous privant, encore une fois, de certaines ressources humaines essentielles à notre réémergence en tant que nation.

 

De ce qui doit venir:

Nous avons donc parlé des options politiques. Aujourd’hui elles sont nombreuses. Elles le sont d’autant plus que la première ville de Bastia en termes d’économie est dirigée par un leader nationaliste : Gilles Simeoni. Nous le savons, depuis Ugo Colonna jusqu’aux militants culturels emblématiques des années 70/80, les corses aiment les hommes providentiels. Le Premier Magistrat de la ville de Bastia pourrait donc être celui qui, fort d’une aura transcendant les frontières de l’île et d’une position politique extrêmement forte, nous mènera vers une issue nationale espérée. Mais comment laisser cette responsabilité à un seul homme et nous poser, encore une fois, en victimes, spectatrices de nos propres vies ? Non, aujourd’hui, il est temps d’agir et de nous servir des armes négligemment abandonnées par nos maitres imbus. L’associatif, le culturel, la liberté de se réunir et de travailler sont autant d’outils qui nous permettront d’élaborer le chemin à venir. Nous emprunterons cette voie avec sérénité et assurance, alors même que nos détracteurs ne pourront se lever et crier au manque d’organisation ou de projection. Il faut pour cela que la volonté du peuple soit constante et acharnée. Il faut pour cela que nos hommes politiques fournissent une énergie particulière, avec la technicité que cela requiert, afin de contrer les vagues répressives venues d’outre-mer. La république est l’ennemie de la Corse. Elle est l’ennemie du peuple. Elle est l’ennemie des peuples. La combattre est notre devoir. Ne pas suivre son exemple est une charge sacrée. Nous devons jeter dans la bataille toutes les forces vives de notre ile sans distinction de parti ou de sensibilité. Les nationalistes, qui sont la seule et unique force rénovatrice insulaire, doivent faire une union sacrée afin de procéder à l’émancipation de notre peuple dans les meilleures conditions qui soient. Il faut faire fi des egos qui ont trop longtemps minés nos partis politiques, il faut jeter à bas les visées personnelles affairistes et négatives. Il faut que la jeunesse se lève et travaille. Il faut qu’elle retrousse les manches et produise un projet de société moderne respectant nos traditions et notre culture, loin des complexes néocoloniaux et des stéréotypes avilissants véhiculés par la frange de population la moins éclairée qui soit. L’égalité doit vaincre l’égalitarisme. La Liberté doit être pour le peuple et non pour les individualistes. La Fraternité doit se consolider dans le travail, la lutte et l’effort. Oghje piu che mai, femu chi a Corsica sia libera !

27/02/2014

Jouer avec les élections

Il est temps de se détendre.

Après le débat enflammé où tous les candidats ont pu s'exprimer sur leurs projets sauf Jeanjean qui en avait encore après "les armes et les cagoules" (comme son papa avant lui).

Après les radiations de "l'animateur de campagne" du Jeanjean (qui est aussi employé de l'ADEC) Roland Frias.

Après la radiation du directeur général adjoint des services de la mairie de Bastia Antoine Calendini.

Et bien après tout cela, il faut savoir se détendre.

Nous empruntons donc un petit jeu à nos amis de la Piazzetta afin de vous permettre de rire sérieusement des élections.

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