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23/03/2008

Thiriez s'acharne sur le SC Bastia

Le SC Bastia a été condamné à un match à huis-clos après l'affaire dite "Kébé II" pour des "banderoles injurieuses" (on ne parle plus de banderoles racistes...). Le président de la LFP lui, Frédéric Thiriez, n'a pas perdu son temps. Sitôt le verdict connu, il a décidé de faire appel et de demander... l'aggravation des sanctions contre le club corse. Deux points, deux mesures... À Bastia, on commence à en avoir l'habitude.

"Combattre le racisme dans le sport"... "Tolérance zéro pour les racistes"...

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...surtout lorsqu'ils sont corses, monsieur Thiriez ?


Et pour les cris de singes envers le bastiais Mendy à Grenoble ? 

Et pour les saluts nazis de quelques supporters messins à Lyon ? 

Et les insultes racistes contre Ouaddou à Metz ? 


On attend toujours des sanctions, identiques à celle qui a été infligée au SC Bastia : 1 point retiré pour des supposées insultes racistes (?) d'un supporter corse (???) à Libourne il y a quelques mois. 

À ce sujet, seul le magazine So Foot semblait se poser des questions à propos de cette affaire. 

Pour l'instant, cette sanction envers le club bastiais est un cas unique dans le football français. Ce n'est pourtant pas les exemples de racisme qui manquent dans la très exaltante et spectaculaire "Ligue 1 Orange" que le monde entier nous envie.

940a3462bbd18670ce19babc32395772.gifAlors ? Pourquoi demander aussi rapidement l'aggravation de sanctions, alors que le Sporting a été le seul club puni pour "racisme", et que la commission de discipline semble avoir rejeté le caractère raciste de la banderole ??? Pourquoi continuer à jeter de l'huile sur le feu, à un point où ça en devient ridicule ? Pourquoi le chevalier blanc du football français a t-il décidé de faire du club corse un exemple ?

À la manière d'un Sarkozy, le président de la LFP a décidé d'utiliser la manière forte pour faire taire les brebis galeuses corses, les seules sur lesquelles on puisse continuer à taper sans que cela n'émeuve personne sur le continent.

Problème : dans l'île on commence à avoir l'habitude de ce genre de choses. En général, la manière forte ça loupe à tous les coups. Au contraire, cela accroit le sentiment de victimisation et renforce la solidarité. Alors, continuez monsieur Thiriez, vous allez avoir du pain sur la planche...


Lien : l'article de Corse-Matin

L'annerbatu 

01/03/2008

Un bastiais victime d'insultes racistes à Grenoble

Nouvelle affaire de racisme dans le football français ? Cette fois c'est Frédéric Mendy qui a fait l'objet de cris de singe à Grenoble. On attend la réaction des médias et de la LFP...

Selon Jean-Philippe Thibaudeau, journaliste à France Bleu, des insultes ont été proférées à l'encontre du joueur du SC Bastia d'origine africaine, Frédéric Mendy, lors du match Grenoble - Bastia le 29 février.

070365d384e499c5e211c6024d294e99.jpgL'information est relayée par le site officiel du club corse et ne rencontre que très peu d'écho dans la presse nationale. Elle fait part d'un entrefilet dans L'Equipe.

Pourtant, deux journalistes (un d'Europe 1 et un local) ont confirmé avoir entendu les "cris de singe". 

Téléchargez ici le récit de J-P. Thibaudeau.

On se souvient la semaine dernière que le président de la LFP Thiriez n'avait pas tardé à condamner une banderole d'abord qualifiée de "raciste et homophobe" puis seulement "d'injurieuse" brandie à Furiani lors du match Bastia - Libourne Saint Seurin. Il avait également annoncé que des sanctions exemplaires seraient prises contre le SC Bastia.

Pour l'instant, on constate que le traitement médiatique de cette affaire est aux antipodes de ce qui s'est passé en Corse la semaine dernière. Quant aux réactions de condamnations de Michel Platini, Frédéric Thiriez, de la LICRA et de Bernard Laporte, on les attend toujours.

 

De quoi devenir paranoïaque ? 

28/02/2008

Racisme dans le foot : la Corse encore et toujours...


Depuis les affaires dites Chimbonda et Kébé, puis devant la banderole déployée face à Libourne vendredi dernier, le public de Bastia est sur la sellette : il serait foncièrement raciste. Tentative d'explication des faits...

Affaire Kébé : le match aller 

En septembre dernier le SC Bastia se rend à Libourne-Saint-Seurin pour le compte d'un match de championnat de L2. Boubacar Kébé, joueur libournais, aurait été insulté par des supporters bastiais. Il leur répond par bras et doigts d'honneur. L'arbitre l'expulse pour ces mauvais gestes. Plus tard il dira avoir été victime d'insultes à caractère raciste. 

Problème : il est le seul à les avoir entendues.7a9e1e949853b5407073ef2f604e3a85.jpg

Version des supporters bastiais présents sur place : ils l'auraient simplement "chambré", comme cela se fait sur chaque terrain de France et de Navarre, chez les professionnels comme chez les amateurs. Mais en aucun cas ils auraient proféré des insultes à caractère raciste.

Verdict de la Ligue Professionnelle de Football : un point est retiré au Sporting Club de Bastia. L'affaire fait la une de l'actualité.

C'est une première mondiale, jamais telle sanction n'a été appliquée. Les bastiais crient à l'injustice pendant que la France du football applaudit des deux mains.

Affaire Kébé : le match retour

22 février 2008, match retour. Le SCB reçoit Libourne, sans Kébé. Les supporters bastiais, qui ont toujours en travers de la gorge le point retiré à leur club, tiennent à marquer le coup. Ils déploient une banderole en début de match sur laquelle est inscrit : "Kébé on est pas racistes" puis une autre "la preuve on t'enc..." Nouveau scandale et de nouveau la une de l'actualité : "une banderole raciste et homophobe à Bastia".

Insultante, certes. De mauvais goût et pas très fine, c'est une évidence. Mais raciste ? Quand on les interroge les supporters disent avoir fait cette banderole par dépit, pour marquer leur ras-le-bol face à l'acharnement de la Ligue... qui met les bouchées doubles.

La réaction du président de la LFP, Frédéric Thiriez, ne s'est pas faite attendre. Il annonce que les sanctions seront dures face au canard boiteux du football français. Les condamnations pleuvent et les médias ont largement relayé l'affaire. C'est une véritable déferlante médiatique qui s'abat sur la Corse.

Seulement, il suffit de tendre un peu l'oreille et d'ouvrir grand les yeux sur tous les stades de l'Hexagone pour se rendre compte que cela est, hélas, monnaie courante. Le football, sport le plus populaire dans le monde, draine depuis des décennies une foule passionnée, chauvine, partisane qui tient à pousser ses protégés vers la victoire. Dans ce contexte, tenter de déstabiliser son adversaire par tous les moyens, fussent-ils provocateurs et de mauvais goût, est le passe-temps favori de milliers de supporters chaque week-end, où que ce soit dans le monde. Parfois leurs manifestations peuvent être drôles, parfois on rit jaune, d'autres fois ils dépassent la limite.

Il en va ainsi du football, la bagatelle la plus sérieuse du monde, pour reprendre l'expression d'un ethnologue et fin connaisseur du football, Christian Bromberger.

Le Sporting Club de Bastia et les Corses, coupables de tous les péchés du football français

Pendant ce temps, ce sont les Corses dans leur ensemble qui sont accusés de racisme. Il n'y a qu'à jeter un coup d'oeil sur les sites d'actualité et forums internet : ce sont toujours les mêmes clichés qui reviennent : les insulaires sont tous, en plus d'être des terroristes, des racistes en puissance qu'il faut lourdement sanctionner. C'est tout juste si après le fameux "chromosome de la violence" les corses n'auraient pas un "chromosome du racisme". 

Equité ?

Les dirigeants du football français ont donc décidé de faire de Bastia un exemple. Soit.

Mais qu'ils prennent leurs précautions et qu'ils n'oublient pas le principe d'équité. Iront-ils jusqu'à retirer des points à des clubs plus huppés et plus prestigieux que Bastia, en cas de nouvelles affaires de racisme ? Sanctionneront-ils Marseille ou Lyon, en cas d'affaire similaire ? Attendons le verdict de l'affaire Ouaddou, joueur valenciennois qui a fait l'objet d'insultes racistes à Metz. 

En Corse on a malheureusement peur de connaître la réponse, et le sentiment qu'un fois de plus, ils servent de bouc émissaire idéal...

En attendant, les supporters se mobilisent et lancent un appel à l'union.
Pierre-Paul Antonetti, président du SC Bastia, s'expliquait quant à lui sur RMC.
Un joueur de Bastia raconte qu'il se fait souvent traiter de "sale corse" sur les pelouse de France.

 

 
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