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28/02/2008

Racisme dans le foot : la Corse encore et toujours...


Depuis les affaires dites Chimbonda et Kébé, puis devant la banderole déployée face à Libourne vendredi dernier, le public de Bastia est sur la sellette : il serait foncièrement raciste. Tentative d'explication des faits...

Affaire Kébé : le match aller 

En septembre dernier le SC Bastia se rend à Libourne-Saint-Seurin pour le compte d'un match de championnat de L2. Boubacar Kébé, joueur libournais, aurait été insulté par des supporters bastiais. Il leur répond par bras et doigts d'honneur. L'arbitre l'expulse pour ces mauvais gestes. Plus tard il dira avoir été victime d'insultes à caractère raciste. 

Problème : il est le seul à les avoir entendues.7a9e1e949853b5407073ef2f604e3a85.jpg

Version des supporters bastiais présents sur place : ils l'auraient simplement "chambré", comme cela se fait sur chaque terrain de France et de Navarre, chez les professionnels comme chez les amateurs. Mais en aucun cas ils auraient proféré des insultes à caractère raciste.

Verdict de la Ligue Professionnelle de Football : un point est retiré au Sporting Club de Bastia. L'affaire fait la une de l'actualité.

C'est une première mondiale, jamais telle sanction n'a été appliquée. Les bastiais crient à l'injustice pendant que la France du football applaudit des deux mains.

Affaire Kébé : le match retour

22 février 2008, match retour. Le SCB reçoit Libourne, sans Kébé. Les supporters bastiais, qui ont toujours en travers de la gorge le point retiré à leur club, tiennent à marquer le coup. Ils déploient une banderole en début de match sur laquelle est inscrit : "Kébé on est pas racistes" puis une autre "la preuve on t'enc..." Nouveau scandale et de nouveau la une de l'actualité : "une banderole raciste et homophobe à Bastia".

Insultante, certes. De mauvais goût et pas très fine, c'est une évidence. Mais raciste ? Quand on les interroge les supporters disent avoir fait cette banderole par dépit, pour marquer leur ras-le-bol face à l'acharnement de la Ligue... qui met les bouchées doubles.

La réaction du président de la LFP, Frédéric Thiriez, ne s'est pas faite attendre. Il annonce que les sanctions seront dures face au canard boiteux du football français. Les condamnations pleuvent et les médias ont largement relayé l'affaire. C'est une véritable déferlante médiatique qui s'abat sur la Corse.

Seulement, il suffit de tendre un peu l'oreille et d'ouvrir grand les yeux sur tous les stades de l'Hexagone pour se rendre compte que cela est, hélas, monnaie courante. Le football, sport le plus populaire dans le monde, draine depuis des décennies une foule passionnée, chauvine, partisane qui tient à pousser ses protégés vers la victoire. Dans ce contexte, tenter de déstabiliser son adversaire par tous les moyens, fussent-ils provocateurs et de mauvais goût, est le passe-temps favori de milliers de supporters chaque week-end, où que ce soit dans le monde. Parfois leurs manifestations peuvent être drôles, parfois on rit jaune, d'autres fois ils dépassent la limite.

Il en va ainsi du football, la bagatelle la plus sérieuse du monde, pour reprendre l'expression d'un ethnologue et fin connaisseur du football, Christian Bromberger.

Le Sporting Club de Bastia et les Corses, coupables de tous les péchés du football français

Pendant ce temps, ce sont les Corses dans leur ensemble qui sont accusés de racisme. Il n'y a qu'à jeter un coup d'oeil sur les sites d'actualité et forums internet : ce sont toujours les mêmes clichés qui reviennent : les insulaires sont tous, en plus d'être des terroristes, des racistes en puissance qu'il faut lourdement sanctionner. C'est tout juste si après le fameux "chromosome de la violence" les corses n'auraient pas un "chromosome du racisme". 

Equité ?

Les dirigeants du football français ont donc décidé de faire de Bastia un exemple. Soit.

Mais qu'ils prennent leurs précautions et qu'ils n'oublient pas le principe d'équité. Iront-ils jusqu'à retirer des points à des clubs plus huppés et plus prestigieux que Bastia, en cas de nouvelles affaires de racisme ? Sanctionneront-ils Marseille ou Lyon, en cas d'affaire similaire ? Attendons le verdict de l'affaire Ouaddou, joueur valenciennois qui a fait l'objet d'insultes racistes à Metz. 

En Corse on a malheureusement peur de connaître la réponse, et le sentiment qu'un fois de plus, ils servent de bouc émissaire idéal...

En attendant, les supporters se mobilisent et lancent un appel à l'union.
Pierre-Paul Antonetti, président du SC Bastia, s'expliquait quant à lui sur RMC.
Un joueur de Bastia raconte qu'il se fait souvent traiter de "sale corse" sur les pelouse de France.

 

27/02/2008

Comment dit-on "casse-toi pauvre con" en corse ?

Lors de sa dernière visite en Corse, Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il souhaitait défendre et promouvoir la langue corse et qu'il était prêt à "aller très loin". Plus tard il rajoutait que c'était bien de "parler corse quand on se retrouve au village". Tant pis donc, pour la grande majorité de la population de l'île qui habite en ville.

Soit...

Alors permettez-nous tout de même, pauvres citadins insulaires, de s'interroger sur la façon dont on pourrait traduire le fameux échange dit du Salon de l'agriculture entre le Président de la République et un quidam toujours inconnu qui refusait de lui serrer la main.

20 minutes se posait la question de savoir comment les journalistes étrangers avaient traduits la fameuse réplique de Nicolas Sarkozy.

Le blog A Piazzetta nous donne des propositions de traductions en corse :

è vai, poveru connu !
è vai, o gloscia !
scrizzami di quì, o connu !
è vai à fatti leghje, o sega !
escimi di tràmpalu, o piduchjò !
aiò, fora o testa di cazzu !
è vai, cosa dicerai o mulizzò !
ch'è tù scia aghjacaratu, sangu'lla miseria ! o malasciamè ch'è tu sè !
ma ti sì guardatu appena, o faccia 'd'enclume'?
aò va, o goff !
cosa ai tù ? ti puzza a salute ? aghju da vene, o 'mendiant' ?
cassa-ti, poveru connu !
vai è caca, o coglia !
vai è caca, o faccia di culu !
sorti da quì, o merda !
è vai, o stronzu !
entrimi in culu, o purcellò !
ma chì dicerai ? ai vistu appena a to chigna, o imbecilò ? 

 

Voilà, dorénavant Nicolas Sarkozy a de quoi pour préparer sa prochaine visite en Corse...

 
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